vendredi 6 août 2010

Putain de passion





C'est curieux comme l'amour me va seulement lorsqu'il flambe
J'aime que ça s'enflamme, je m'ennuies quand ça braise
Je détestes les feux de paille...
L'amour ne me va que quand je sens l'autre m'échapper, lorsque je lui échappes aussi
Quand y'a ce truc de vouloir tenir l'autre et se sentir attacher
Vouloir s'enfuir et mieux se faire rattraper
Supporter la possessivité, et le besoin de solitude
Refuser de se laisser enfermer dans une relation de couple et pourtant être complétement fusionnel
C'est juste dément, c'est imprégné de souffrance
Mais autrement...
Autrement je ne m'accroches pas

Y'a ce goût de sentir l'autre s'enflammer, de voir à quel point il tient à m'accrocher
Le plaisir de lutter pour mieux lui appartenir
C'est choisir l'amour comme un combat
Une putain de torture mentale où on a de cesse de se dire je t'aime je te hais
De cracher sa haine pour mieux couvrir de baiser

La tendresse tiédasse très peu pour moi

Ne serait ce qu'un câlin...
C'est jamais aussi intense qu'après une engueulade, jamais
Complétement brûlant

Mes kodamas version larmes de sang






mardi 3 août 2010

Extrait première page: Un soldat et une fille

" Un soldat et une fille. Le soldat était soldat, et la fille était fille. Et maintenant ils sont loin tous les deux et ne reviendront pas plus, et ce rapport est tout ce qui est resté.
Le narrateur n'a vu le soldat que lorsqu'il n'était plus soldat. La fille, il ne l'a jamais vue. C'est le soldat qui a tout narré au narrateur. Le soldat fut le narrateur du narrateur, et maintenant le narrateur est devenu le narrateur du soldat. Dans ces conditions, tout se mêle facilement. D'ailleurs le don me manque de faire une histoire vraie d'un événement réel. Ce don, d'ordinaire douteux, je n'ai jamais tant souhaité le posséder que dans le cas présent.
Une pile de notes et de manuscrits: mes notes pour cette histoire, les manuscrits du soldat, mes manuscrits à moi; en plus, des versions doubles, des notes en bas de page, des lettres et des commentaires biographiques du texte. Mais tout en haut une feuille de titre soigneusement dactylographiée. En majuscules espacées, placés au milieu de la page, c'est deux mots:

LA FIN "


J'ai repensé à mes collages, les deux premiers sur des affiches "je t'aBime"
Quand j'ai sorti les livres du sac, et que le premier de la pile était Quand je serai grand, avec comme couverture un petit garçon qui arrache les pétales d'une marguerite
Je crois que j'ai rougi...

Après midi du mardi 3 aout 2010

Un tour du côté de Châtelet Les Halles
Repasser sur le boulevard Réaumur Sebastopol
M'arrêter dans une boutique où j'étais déjà venu chercher quelques livres
Dont un sur le magnétisme, les forces qui attirent et repoussent les êtres, l'énergie qui circule en tout
Farfouiller et être attirer par 4 titres en pensant à Art Corpus, entre autres, mais surtout

Le Soldat et la fille d'Erich Fried, que je vais lire dans l'immédiat

Quand je serais grand d'Elise Fischer, posé sur la boîte aux lettres à la station Port Royal

Les nettoyeurs de Vincent Petitet, en face de la décharge, sur le pas de la porte des créatifs, en souriant en repensant à ce travail en première année de fac sur les pictogrammes où j'avais choisi celui des toilettes qui ressemble beaucoup à celui de la couverture, et à cette vis, détachée de la boîte de conserve, qui parle de recyclage

Les clowns, le dictateur et l'artiste de Norman Manea balancé sur le pas de la porte de service de ce putain de resto de merde

Tout ça posé en rentrant, mais d'abord, après achat
M'arrêter au Monoprix du coin
Vouloir prendre l'ascenseur et sentir un courant électrique passer au bout de mon doigt
En même temps, entendre tomber un des badges accroché à mon sac à main
Le visage de Betty Boop

Et puis remonter du côté de Montorgueil
M'assoir au coin de la rue Greneta pour siroter une bière à la fraise
La brochette d'abrutis à côté de moi
Et puis surtout lui
Ca se joue toujours curieusement au regard
Comme quoi...

Hier, j'avais collé sous la pluie des découpes en vinyl
Photos à venir pour voir le choix niveau in situ...
Première fois que je mets à l'art de rue
Depuis le temps que j'y pense

Inspirée par les esprits des arbres dessinaient par Miyazaki dans Princesse Mononoké
Ca et le début du maquillage de la princesse, sur le front d'un clown collé là
J'ai gardé les deux autres traces chez moi, sur les joues d'une de mes Kokeshi

J'avais pensé coller aussi un petit pois énorme en motif army en tissu
Avec un air un peu vénére, sur une grosse vague verte: Wazabi!